MANIFESTATIONS POLITIQUES: NOVATION INTERNATIONALE, INTERPELLE LES ACTEURS POLITIQUES A PLUS DE RESPONSABILITÉ ET DEMANDE LA LIBÉRATION D’ASSIBA JOHNSON

 Après un peu plus de deux mois de trêve au profit du dialogue inter togolais conduit par le facilitateur ghanéen , l’opposition togolaise renoue avec les manifestations pour cause que le pouvoir est resté figer sur sa position de voir Faure Gnassingbé se repositionner en 2020. Face au refus du gouvernement de voir les manifestations politiques reprendre, la première tentative de l’opposition s’est soldé par des violences enregistrées dans plusieurs villes du Togo faisant plusieurs blessés, des arrestations et un mort. A la veille de nouvelles manifestations programmées pour ces 25, 26 et 28 avril 2018, Novation Internationale, une organisation de la société civile, dans une déclaration rendue public ce 23 avril, signée par son vice président  Louis Rodolphe Efoé ATTIOGBE, est revenue sur les événements du 11,12 et 14 avril dernier et interpelle donc dans le cadre des nouvelles manifestations, autant les autorités que les acteurs politiques à plus de responsabilité pour éviter de nouvelles violences . aussi demande -t-il la libération de son confrère, Président de REJJAD, Assiba JOHNSON.

lire l’intégralité de la Déclaration

Au lendemain des manifestations du 19 Août 2017 organisées par le PNP, le Togo, notre chère patrie, s’est plongé dans une crise sociopolitique entrainant la répression des manifestations organisées par la coalition des 14 partis de l’opposition togolaise, des interpellations des citoyens et leur détention pendant des semaines voire des mois. Sur le plan économique, nul ne doute aujourd’hui du ralentissement des activités économiques sur le territoire national à cause de cette crise.

 

Soucieuse de la crise et de l’instabilité qui règne dans le pays, toute la classe politique a accepté aller à un dialogue inter-togolais pour parvenir à une sortie durable de crise. C’est ainsi que le peuple togolais s’était réjoui du démarrage effectif du dialogue le 19 Février 2018 sous la facilitation de Son Excellence, Monsieur NANA Akufo-Addo, Président de la République du Ghana.

 

Au titre des préalables posés par la coalition au début des pourparlers, quelques détenus politiques ont obtenu leur libération, le processus électoral ainsi que les manifestations publiques de l’opposition étaient provisoirement suspendus.

 

Après plusieurs jours de discussions, l’opposition constatant l’atteinte difficile des objectifs assignés audit dialogue, a préféré renouer avec les manifestations publiques les 11, 12, et 14 Avril 2018.

 

C’est dans ce contexte que notre pays a encore connu des actes de violences à Lomé, à Kpalimé, à Anié, à Sokodé, à Kparatao, et à Djarkpanga pendant ces trois jours de manifestations.

Cette répression sanglante exercée une fois encore sur les pauvres populations sorties les mains nues sur appel de l’opposition est assortie d’un lourd bilan après compilation de nos données. A ce jour nous dénombrons et dénonçons:

 

  • un décès à Sokodé, ADAM Abdourahim, succombé des suites de ses blessures le 14 avril 2018 suite aux mauvais traitements, cruels et dégradants de la part de l’armée, dont il aurait été victime le mercredi 11 avril 2018;
  • Plus de 178 blessés dont 94 cas graves, dont des femmes et des enfants;
  • Plusieurs arrestations, dont 27 personnes déposées à la prison civile de Lomé et une à la prison civile de Kpalimé ;
  • Des dégâts matériels importants sur les biens des populations, en particulier les véhicules de certains leaders de la coalition;
  • A ce jour, seules 14 personnes ont été libérées à Lomé et les 17 autres encore en détention, sont jugées et condamnées à de lourdes peines d’emprisonnement.
  • Des cas de réfugiés sont signalés dans les régions centrale et plateaux.
  • La séquestration des leaders de la coalition de l’opposition en réunion au siège de la CDPA à Lomé

 

C’est en effet, le lieu pour Novation Internationale, de s’incliner devant la mémoire du défunt et d’exprimer ses sympathies et soutiens aux blessées et autres victimes de cette répression.

Elle condamne avec la dernière rigueur ces violentes répressions qui écornent limage du Togo et le présentent comme un Etat non respectueux des Droits de lHomme.

 

Par ailleurs, Novation Internationale s’insurge contre toutes les formes d’interdictions de manifestations, de réunions publiques, de rassemblements ou meetings à caractère politique ou syndical dans les villes de Sokodé, Bafilo et Mango. Ces mêmes interdictions s’observent également à Kara sans aucune justification légale. L’on est en droit de se demander si Kara avait un statut particulier au Togo, contrairement aux autres villes?

 

À cet effet, Novation Internationale souhaite rappeler au Président de la République et au Gouvernement que, notre pays le Togo a adhéré librement au Pacte Internationale relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP) des Nations Unies et à la Charte Africaine des Droits de l‘Homme (CADHP). Ces deux documents font obligation aux Etats membres dont notre pays le Togo, de garantir le droit à la vie, à lintégrité physique et aux libertés de manifestations publiques pacifiques. Lesquels droits sont confirmés par la Constitution togolaise.

 

Nous ne saurons terminer sans, d’une part, en appeler au sens de responsabilité des différents acteurs, et d’autre part exiger le respect et la facilitation du travail des défenseurs des Droits de l’Homme, qui consiste à accompagner le gouvernement dans son processus d’instauration d’un Etat de droit et de démocratie.

C’est dans ce sens que nous demandons la libération de notre collègue, Assiba JONHSON, Président du REJADD, arrêté depuis le 04 avril 2018 et déposé 72 heures après à la prison civile de Lomé.

 

Enfin, nous recommandons :

 

Au Gouvernement :

 

  • de garantir dans les conditions fixées par la loi, l’exercice des libertés d’association, de réunion, et de manifestation pacifique,
  • de respecter son engagement à sursoir au processus électoral et de prendre des dispositions idoines pour la libération effective des détenus politiques;
  • de prendre toutes les dispositions pour assurer la sécurité de tous les citoyens dans l’exercice de leurs droits constitutionnels;
  • de respecter les principes de base adoptés par les Etats membres des Nations Unies en 1990 sur le recours à la force et veiller à une garantie de la sécurité de chaque délégué au dialogue.

 

À la classe politique :

 

  • de toujours mettre en avant l’intérêt national dans la résolution pacifique des différends;
  • de faire usage des propos courtois et attirons leur attention sur la lenteur du processus au regard des points de discussion non encore abordés ;
  • de sensibiliser les militants sur la culture citoyenne et de la paix.

 

Au peuple togolais :

 

  • au respect du bien public et à l’esprit de tolé

 

Fait à Lomé le 22 Avril 2018

 

Signé,

Mr Louis Rodolphe Efoé ATTIOGBE

Vice- Président/Novation I

 

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